Chers amis résidents, je vous propose un petit résumé du 4ème congrès de médecine générale qui a eu lieu sous le soleil de Nancy les 21 et 22 mars 2003, organisé par l’ISNAR
Le premier thème concernant la permanence de soins a soulevé un débat très animé entre représentants des résidents (ISNAR), des internes spécialistes (ISNIH),du milieu politique, des syndicats de médecins généralistes, du Conseil National de l’Ordre, de la conférence des doyens, des caisses d’assurance maladie, de la DRASS.
Plusieurs idées, parfois déjà tentées, apparaissent
les gardes sont actuellement basées sur le volontariat avec plus ou moins de bonheur, payées par la CPAM.
il est rappelé qu’aux urgences des hopitaux, il n’y a que 3% d’urgences vitales.
dans le Pas-de-Calais a été créé un samu bis,permettant de régulariser et de centraliser les demandes (aussi bien de soins, que de transports par ambulance, ou que de problèmes sociaux), toujours basé sur le volontariat, avec autonomie de gestion, locaux indépendants, et surtout avec la liberté pour les médecins traitants ou les médecins de garde d’assurer des gardes de secteur habituelles.
dans le Gard, les secteurs de garde sont agrandis, permettant à un plus grand nombre de médecins de participer aux gardes qui sont moins nombreuses, avec un salaire attractif !.
en Basse-Normandie, il existe des maisons de gardes où les patients viennent consulter à toute heure, avec facilitation des déplacements (transports à disposition...).
il est à noter que la régulation des soins marche mieux en milieu rural qu’en milieu urbain alors que les médecins sont plus nombreux en ville !
Il a été demandé si les spécialistes peuvent participer à cette permanence de soins, ce à quoi le président de l’ISNIH (syndicat des internes spécialistes) rétorque qu’il en existe déjà dans certaines spécialités, et que cela ne figure pas dans les qualifications officielles des spécialistes.
Le 2ème thème abordé concernait la mission sur la démographie médicale au sujet de laquelle l’ISNAR, le sénateur DESCOUR, Monsieur le DOyen BERLAND ont fait 10 propositions au ministère de la santé.
- qq chiffres
196000 médecins en activité
age moyen : 46 ans avec médecins de + de 50 ans plus nombreux que médecins de moins de 40 ans
Féminisation de la profession, avec une diminution du temps de travail hebdomadaire de 6 heures
Femmes majoritaires quand âge de moins de 35 ans
Augmentation de la population médicale mais hétérogénéité de la distribution
quelque soit le numérus clausus, la densité médicale va tomber à 305 méd pour 100000 habitants
par ailleurs, diminution des spécialistes dans tous les domaines
- qq propositions (ne figurent pas celles qui n’ont pas été développées lors du congrès)
créer un observatoire régional de santé pour analyser la démographie
augmenter progressivement le numérus clausus
régionaliser l’internat, afin de répondre au mieux aux besoins effectifs
faire évoluer les métiers de la santé, en déléguant par exemple, à d’autres professionnels, les papiers administratifs, les prises de tension, de poids, les conseils thérapeutiques, voir les frottis, voir certaines prescriptions (ce que font déjà les sages-femmes).
organiser le regroupement des professionnels, aider au transport des patients, favoriser les visites..., avec la possibilité de créer un statut de collaborateur salarié, par exemple.
vous pouvez tropuver le détails des autres propositions sur le site isnar.com
La journée s’est terminée, après reception à la mairie, par une soirée très habillée à l’Abbaye de Pont-à-Mousson, en compagnie d’un quatuor (cordes et accordéon), puis d’un DJ jusqu’au bout de la nuit.
Le lendemain, a été consacré à des ateliers de réflexion concernant le 6ème semestre, le DES de médecine générale (qui a été mieux codifié)et la certification.
A propos du 6ème semestre, la position de l’ISNAR a été réexpliquée et approuvée par les résidents, après l’avoir été par la conférence des doyens et le CNGE. A ce propos, je vous conseille de lire les explications claires du président de l’ISNAR sur le prochain article.
La certification doit permettre d’évaluer les compétences professionnelles de l’interne au cours de son 3ème cycle, avec validation sans examen complémentaire par la thèse par exemple et la recertification pourrait être axée sur la pédagogie (comme la FMC) ; tout ceci pouvant être pour le patient source de confiance.
Ce congrès a permis de mettre en évidence les souhaits des résidents d’ accomplir une médecine de qualité, continuellement réevaluée afin de servir au mieux les patients.
Merci à l’ISNAR et à tous les interlocuteurs présents lors du congrès.
Si vous souhaitez réagir à cet article, c’est le moment.
Anne-Emmanuelle Delrieux, vice-présidente du SRP lors du Congrès, élue Présidente du SRP le 1er avril 2003