Les enseignants actuels de Médecine générale ont porté pendant 20 ans un combat de valorisation des soins primaires. La médecine générale est passée du statut de socle commun des études médicales, à celui d’une pratique particulière, qu’il ne s’agit pas de redéfinir ici . Je vous invite sur ce sujet à consulter la définition de la Médecine générale par la WONCA et éventuellement pour les plus anglophones à lire le très intéressant rapport sur le "Futur of Family Medecine", réflexion américaine.
Aujourd’hui pourtant cela coince.
Les professeurs et enseignants ne sont pas titularisés, ils ne sont pas à même de diriger nos travaux de thèse (il y a dans certains cas une tolérance) et doivent entreprendre régulièrement une vérification de leur droit. En un mot la médecine générale est tolérée à l’université au lieu d’y siéger de droit.
Les lieux de stages ambulatoires sont fragiles et peu pérennes compte tenu de la faible attractivité du statut de maître de stage et de l’extrême dépendance de l’enveloppe hospitalière. De fait les futurs chefs de clinique (et donc les futurs responsables de notre spécialité) ne pourront l’être dans l’état actuel des choses qu’à l’hôpital. Il n’existe pas de stage de second semestre, le SASPAS ne peut être généralisé.
La filière universitaire de médecine générale doit valoriser notre pratique en générant des connaissances adaptées et des référents (appellés Professeur Universitaire Praticien Ambulatoire) comme dans tout autre spécialité.
Voici donc les revendications de nos maîtres de stage et enseignants :
revalorisation statutaire et salariale des maîtres de stages (devant conduire à des structures universitaires de médecine ambulatoire pérennes)
généralisation des SASPAS
stage 2ème semestre effectif
titularisation des professeurs
La lassitude liée à ce combat les ont conduit à déclencher une grève, dont les syndicats juniors soutiennent les motivations, mais craignent les conséquences :
validation des cours du DES
validation des stages et paiement
validation 2nd cycle
validation des thèses
Certains, lors des discussions qui ont eu lieu ce jour à Paris 5, ont manifesté le sentiment d’être pris en otages. Cela est partiellement vrai, pourtant ce sont nos intérêts qui sont ainsi défendus. L’action décisive semble être un coup à porter au sein de l’hôpital par un mouvement de grève court mais suivi, des internes en médecine générale (de tous ?) et c’est ce coup que nos enseigants attendent. Si cet appel est effectivement lancé par les syndicats étudiants (ISNAR au niveau national, SRP et SNJMG pour Paris) merci d’être solidaire des IMG en stage ambulatoire, qui ont le plus à perdre.
TENEZ VOUS INFORMES DE L’EVOLUTION DE LA SITUATION.